EDITEL . 6/10, rue Troyon . 92316 Sèvres Cedex . Tel : 01 55 20 07 80 . Fax : 01 55 20 07 99

REPORTAGES : Trois élèves par classe
Résumé :

REPORTAGES : Trois élèves par classe REPORTAGES : Trois élèves par classe.
Un reportage de Jérôme Sesquin et Sébastien Batel.


Diffusé le 8 Mars 2008 à 13h35

Ouessant, Batz, Sein, Molène…. Quatre des 15 îles du Ponant habitées. Et qui dit habitants dit enfants, qui dit enfants, dit école et collège. La particularité du Collège des îles du Ponant est géographique : un collège éclaté sur une poignée d’îles avec des professeurs qui font la navette de l’une à l’autre plusieurs fois par semaine. A Ouessant, une vingtaine d’élèves de la 6ème à la 3ème suivent des cours particuliers ou presque. A Batz, seuls neuf collégiens fréquentent les salles de classe. Après le départ de son dernier élève pour le lycée sur le continent, Sein a dû mettre son école entre parenthèses. A Ouessant, Sein et Batz, quand ils ne sont pas à l’école, les enfants s’ennuient et rêvent du bruit des villes. Comme le dit Manon, 11 ans,  « Y a pas de cinéma, y a pas de salon de beauté, y a pas beaucoup de jolis garçons ! Ca c’est un vrai problème ! »   

Avis de tempête…. Les collégiens de l’Ile d’Ouessant attendent leurs professeurs qui viennent du continent par bateau… Avoir 15 ans sur une île loin de tout …des adolescents presque comme les autres sauf que être insulaire alors que leurs congénères profitent de leur vie sur le continent « Ya rien à Ouessant, on s’ennuie, y a du vent, il fait moche… ! voilà quoi. » «C’est pas parce qu’on vit sur une île qu’on est pas comme les autres. » Grosse tempête et deux jours coupés du reste du monde…. Les communications reprennent entre Ouessant et le continent. Les professeurs du Collège du Ponant, Remy Le Manchec, et Solène Bonnot, arrivent avec un léger décalage « ça fait deux semaines que la tempête nous empêche de partir le matin alors on part l’après-midi ». A 20 kilomètres des côtes et deux heures et demie de bateau de Brest, Ouessant est l’île la plus à l’Ouest du Finistère. L’été des milliers de touristes déferlent. En hiver, huit cents habitants seulement profitent de la beauté du site. Le Collège des Iles du Ponant accueille une petite poignée d’élèves, 24 élèves de la 6ème à la 3ème. Les professeurs font du « sur mesure en fonction du niveau de chaque élève ».  Un privilège que les cinq élèves de 5ème savent apprécier.

 

Annie Malgorn  enseigne le français sur l’île depuis 36 ans et quand elle est arrivée à Ouessant  en 1971 « il y avait des classes de 30 élèves. Là on se retrouve avec des classes de 3, 4, 5 élèves… il y a une réelle diminution. Tous les jeunes partent et je ne sais pas ce que ça va donner dans les années à venir. » En un siècle, Ouessant a perdu les ¾ de ses habitants et Marine et ses copines pensent déjà à quitter leur île. Jean-Michel et Pascale Thomas, les parents de Marine se sont installés ici il y a cinq ans… « c’était un peu un rêve de venir vivre ici. On a jamais été attirés par tout ce qui était ville, société de consommation. On a trouvé une tranquillité, une quiétude » « Le vent, la tempête, je veux bien qu’il y en ai tous les deux jours  s’enthousiasme Pascale. On ne se lasse pas du paysage. Quand il y a une tempête, vous vous mettez près d’un rocher et vous regardez. C’est magique ». Taxi, chambres d’hôtes, artisanat, les Thomas sont heureux et « arrivent à vivre tranquillement ». Trop sans doute pour une fille de 14 ans qui se plaint de « voir tout le temps les même têtes. A l’adolescence c’est là qu’on fait le plus de bêtises.» Ses nouvelles copines elle les a « rencontrées sur Internet »…

 

Annie n’a plus que quelques cours à donner avant de partir à la retraite. Son remplaçant viendra du continent et sera confronté comme Solène et Rémy au crucial problème du logement. «On trouve à se loger pendant 8 ou 9 mois de l’année mais il faut déménager pendant l’été pour les touristes »  Les professeurs continentaux sont logés à la gendarmerie désertée pendant l’année et doivent mettre leur vie familiale entre parenthèses. Comme le collège est « éclaté » sur  les six îles du Finistère et du Morbihan certains d’entre eux font la navette entre Houat, Groix, Sein, Molène, Ouessant et Batz.  Batz moins isolée est  reliée plusieurs par jour par la navette. A Batz, neuf collégiens seulement sont scolarisés. Pour Karine Lahogue, Batzienne et professeur d’espagnol, « c’est un droit pour les insulaires, d’avoir un collège proche de chez eux. C’est plus simple de ne pas faire comme nos parents de partir en pension bien trop loin. Aujourd’hui, je suis contente de travailler ici. »

 

Plusieurs fois par an, le Collège organise des sorties sur le continent. Pendant deux jours les 6ème d’Ouessant vont retrouver leurs camarades des autres îles. Au programme une sortie au théâtre de Brest. Une vraie fête pour des enfants qui ne sont pas sortis de leur île depuis un an parfois. Pour Manon, 11 ans, « Ouessant y a pas grand chose à faire dessus. Y a pas de cinéma, y a pas de salon de beauté, y a pas beaucoup de jolis garçons ! Ca c’est un vrai problème ! »   

 

A Sein, le collège a dû se mettre en sommeil, faute d’élève. Le dernier, Maël, 15 ans surfeur passionné est interne sur le continent. Collégien à Sein « c’est la solitude. Il n’y a rien à faire. C’est vide. C’est la déprime totale. »  se souvient-il. « j’étais vraiment seul. »  Ouessant, avec 24 élèves et une relève annoncée, est encore protégée… Mais à la rentrée prochaine, Marine devra faire son lycée en internat.

Recherche par mots-clefs :

Productions

• EN IMAGES NOS PRODUCTIONS
• Reportages
• Documentaires
• Magazines
• Divertissement