EDITEL . 6/10, rue Troyon . 92316 Sèvres Cedex . Tel : 01 55 20 07 80 . Fax : 01 55 20 07 99

REPORTAGES : Police Secours, simples flics
Résumé :

REPORTAGES : Police Secours, simples flics POLICE SECOURS, SIMPLES FLICS
Un reportage de Jérôme SESQUIN et Christophe MAIZOU


Altercations, drames familiaux, tapage nocturne, toxicomanie…. En 2008 plus de 500.000 personnes ont composé le 17, le numéro d’urgence de Police Secours. Pendant une semaine, l’équipe de Reportages a suivi les brigades de nuit et de jour du 18ème arrondissement de Paris. Braquages, « pigalleries », prévention, interpellations, grande détresse ou petites frayeurs… quand Police Secours devient Police sociale…

Insultes, menaces… le ton monte dans le bus…  « je me suis sentie en danger, je vous ai appelés ».  Police Secours est la première sur place quand des citoyens se sentent en danger. Chaque jour à Paris près de 1500 personnes composent le 17, le numéro d’appel de Police Secours, pour des urgences mais pas seulement. « C’est vrai que les gens nous appellent pour beaucoup d’interventions. Les gens ont besoin d’un arbitre, en l’occurrence, la police. On intervient, on calme les différentes parties. Une fois que tout le monde est calmé, tout le monde reprend son chemin et… c’est réglé. » Babou, la Chef de Brigade dirige quatre gardiens de la paix, Régis, Fabien, Sonia et Franck. Leur territoire : le 18ème arrondissement de Paris, leur mission : assister, secourir et protéger la population « parfois on dit Police Sociale…. C’est un peu ça aussi. »

 

 « Police Secours, pour une urgence, ne quittez pas, un opérateur va vous répondre » C’est dans une salle du troisième sous-sol de la Préfecture de Police, qu’arrivent tous les appels, plus de 500.000 en 2008.  40% seulement sont des urgences. Un père de famille vient d’appeler. Son fils de 23 ans aurait frappé son épouse. Babou et sa brigade sont  sur place. « C’est pas normal mais ça arrive. Ce sont des problèmes familiaux, la police n’a pas à intervenir là-dedans. Maintenant ce sont les parents qui sont à bout et ne trouvent pas de solutions ».  C’est l’officier de Police Judiciaire qui décidera si le jeune homme doit être  placé en garde à vue. Tous les jours « les différents, les accidents, les morts… quand on entre dans la police raconte Franck on ne s’attend pas à avoir autant de missions de ce genre. On s’attend plus à courir derrière les voleurs. »

 

23 heures, la Brigade de nuit prend son service. Ludovic, chef de Brigade, Nicolas, Kevin et un deuxième Nicolas. Le week-end démarre avec son lot d’appels pour tapage nocturne. « C’était des jeunes qui importunaient le voisinage. Ils étaient alcoolisés. Ils créaient un tapage et notre mission c’est de les évincer dans le calme ».  Pris en flagrant délit dans un parking, un toxicomane   jette  sa dose de crack sous un escalier… des traces, une pipe jonchent le sol. « on t’a tous vu le  jeter alors ne dis pas : non ce n’est pas à  moi. » Au commissariat,  il reconnaît être un consommateur et   est interrogé par l’officier de police judiciaire. « On va te garder. Tu dormiras au chaud. T’avais quand même du crack sur toi. (…/…) On passe facilement du vouvoiement au tutoiement. Je ne pense pas que ce soit un manque de respect. Maintenant, si jamais les gens sont choqués par le tutoiement, on passe au vouvoiement. Il y a une ambiance spécifique à la nuit. C’est vrai que c’est un milieu difficile et il faut tenir le coup. C’est vrai qu’on est tous plus solidaires et qu’on se connaît bien… pareil avec les gens interpellés. »

 

Le commissariat du 18ème arrondissement, dirigé par le Commissaire Jean-Paul Pequet,  est l’un des plus demandé. «Le 18ème reste un arrondissement très attractif pour des jeunes policiers qui sortent d’école. C’est la meilleure école de terrain qui puisse être. Et je pense que tous les grands policiers, tous ceux qui ont commencé à la base sont passés par la Police Secours et ont appris à travers la Police Secours. Parce que c’est là où le métier s’acquiert de façon rapide et efficace ».

 

Un homme retrouvé mort tout seul chez lui…. Une femme qui téléphone au volant et brûle un feu… Et puis une dernière mission : conduire un sans papier au centre de rétention, menottes aux poignets « c’est la procédure. On n’a pas le choix ».  Azdir, un marocain de 34 ans, déclare vivre sur le territoire français depuis plus de 9 ans. Dans le fourgon, il se confie   « je suis sorti… il y avait nos amis qui m’ont interpellé, gentiment. Il n’y avait pas de méchanceté.… Je ne sais pas si j’ai fait une erreur de sortir à deux heures du matin. Je me sens plus français que marocain. Le plus beau cadeau que pourrait me faire Monsieur  le Président Hortefeux c’est me livrer juste une carte… pas de chômage, pas de RMI. Je veux juste une carte pour pouvoir travailler, bouger, aller voir ma famille, mes amis. »  Pour Sonia « on ne peut pas se permettre d’être touché, il faut garder un professionnalisme. Donc on fait avec. »  Ils ne sauront pas ce que deviendra Azdir.

 

4 heures du matin, la Bac appelle la PS en renfort  pour un vol de voiture. Une trentaine de policiers toutes brigades confondues est sur place. C’est l’équipe de Police Secours qui va interpeller les fuyards, un moment unique pour ceux qu’on appelle souvent après la bataille. Pour Ludovic, le chef de la brigade de nuit « c’est une belle prise. Une belle poursuite On est d’abord contents que ce soit la police qui le fasse. Et que ce soit nous c’est encore mieux ! »Tentative de braquage dans un bar, échauffourée, molosse sans muselière, la nuit continue « c’est ça Police Secours ! »

Recherche par mots-clefs :

Productions

• EN IMAGES NOS PRODUCTIONS
• Reportages
• Documentaires
• Magazines
• Divertissement