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REPORTAGES : Peur sur le rail
Résumé :

REPORTAGES : Peur sur le rail REPORTAGES : Peur sur le rail
Un reportage de Isabelle Horlans et Guillaume Barthelemy


Diffusé le 21 Septembre 2002 à 13h15

Gare du Nord, deuxième site ferroviaire du monde après Moscou. Chaque jour 500.000 voyageurs empruntent son labyrinthe de galeries et de niveaux. Les plus nombreux se pressent au carrefour des lignes B et D du RER. Un trafic aussi intense attire une délinquance de mieux en mieux organisée. Deux services de sécurité veillent sur les passagers. Les hommes de la Surveillance Générale de la SNCF, la SUGE  et les policiers de la Brigade des Chemins de Fer.

 

C’est au cœur de la Gare que la Police des Chemins de Fer a élu domicile. La BCF compte 626 policiers dont 500 pour l’Ile de France. Après un rapide briefing du Capitaine Coullon, les hommes de la brigade, en uniforme, montent dans les rames. Guy et ses collègues font descendre un jeune fumeur de haschich et le conduisent au poste. « J’ai 17 ans de métier, beaucoup de recul. Le problème c’est quand on se pose la question : est-ce que notre métier a encore un sens ?  se demande Guy. Quand je suis rentré dans la police en 84, la mission c’était la protection des personnes et des biens. C’était une mission assez noble. On s’en écarte. On sait où est la délinquance. On ne sait pas la traiter. Nous, ce qu’on réclame c’est de reprendre simplement le terrain.  Ce qui me fout les boules, c’est de voir les victimes… une sorte d’impuissance. Ce qui me mine c’est cette sorte de fatalité. C’est comme ça. Pour moi, c’est pas insoluble. »

 

La SUGE emploie 2.000 agents, leur rôle est limité : ils peuvent arrêter un délinquant mais la procédure sera confiée aux policiers… leur uniforme est le même et leurs armes peuvent faire tout aussi mal. Mais leur lot quotidien c’est surtout : les pieds sur les banquettes, les fraudeurs et leurs crises de mauvaise foi, et surtout les agressions verbales et parfois physiques.

 

Pour protéger les touristes fraîchement débarqués de Roissy, les policiers font des allers-retours fréquents sur la ligne. L’arrêt en Gare de Sevran est appelé par le Capitaine Coullon « l’attaque de la diligence. Vous avez des jeunes … une fois que le train arrive, ils ouvrent les portes. Dès qu’ils trouvent un  voyageur, ils lui piquent ses bagages. On a fait beaucoup de flagrants délits sur cette ligne. »  Mais le délit le plus commun est sans aucun doute : la fraude. Chaque année, les resquilleurs coûtent quinze millions d’euros à la SNCF.

 

« Je crois pas qu’il y ait d’horaire particulièrement dangereux. Raconte Eric Azéma, de la SUGE. C’est pas la même catégorie d’individus. Vous pouvez tomber sur des gens excédés, mais qui feraient de mal à personne… là il faut la faire très souple. Ca peut être une mère de famille qui vous insulte. Je crains plus ça qu’une bande de jeunes. Un bande de jeunes, on sait à quoi s’attendre. Les gens quand ils lâchent leur colère, ils veulent pas s’arrêter.. Un mouvement de foule, comme ça, c’est hyper impressionnant. »

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