Résumé :
POLICE DE FEMMES Un reportage de Juliette Bot, Christophe Maizou, Olivier Smitarello. Montage : Anne Rochefort, Patrice Bousquet (Editel)
Diffusion : Samedi 29 janvier 2011 à 13h15 Aujourd’hui dans la Police Nationale, une femme sur dix occupe un poste de commandement, dont un bon nombre sur le terrain. Parmi elles : Laure, Commandant de police en banlieue parisienne. Nathalie, 44 ans, Major à la Brigade Canine des Yvelines et mariée à un policier, a choisi de travailler la nuit. Adeline, 34 ans, est Commissaire de Police à l’Office Central de Lutte contre la Cybercriminalité de Nanterre. « On est partis… » 8 heures du matin, perquisition dans les caves d’une cité dans la banlieue parisienne. Laure, capitaine de police, dirige les opérations, une dizaine de fonctionnaires sous ses ordres. Des plaintes répétées par le bailleur pour trafic dans les caves… Laure et ses policiers se déploient dans les sous-sols avec comme « collaborateur », le chien des stups’. Arrêt brusque devant une porte, un sac est trouvé et « là l’odeur est caractéristique du cannabis. Sachets de plastique significatifs… cocaïne, héroïne ou barrettes de cannabis… on va prendre tout ça pour recherche de traces ultérieures ». Moins d’une heure plus tard, l’opération est terminée… Tous les matins, à 6 heures, Laure réveille en douceur son fils unique Thibault, 14 ans. François, son mari est déjà prêt. Le métier de Laure l’a longtemps troublé « au début on est un peu surpris, un peu inquiet. Après un certain nombre d’années, on ne se pose plus trop de questions. On sait que ça se passe bien. Le soir on la revoit. On est confiants » Et pour Laure, «c’est une preuve d’amour, me dire un petit mot le matin. Ca réchauffe la journée ». Aujourd’hui, une femme sur dix occupe un poste de commandement dans la Police Nationale. Bon nombre d’entre elles sont sur le terrain et réclament même des postes réputés difficiles comme Nathalie, 44 ans. Major à la brigade canine des Yvelines, elle suit régulièrement des séances d’entraînement avec Enzo, son chien. A la « Canine », le chien doit être le prolongement du bras de son maître et une arme. Nathalie a choisi de travailler de 20 heures à 4 heures du matin « je suis nuiteuse dans l’âme. Sur 23 ans de police, j’ai fait 5, 6 ans de jour. C’est vraiment un choix la nuit. C’est plus grisant. On voit plus de choses. C’est motivant. » Nathalie dirige le service depuis 10 ans, avec sous son autorité : 23 fonctionnaires. « Bonsoir, je vous annonce la sortie de deux maîtres chien, plus deux chiens… circonscription de Poissy… » 150 kilomètres par une nuit glacée mais très calme qui s’achève par un petit café vers 4 heures du matin dans une ambiance « familiale » « je suis une maman, donc c’est un peu comme mes enfants. Ca pourrait être mes enfants. » « Elle prend soin de nous, nous d’elle. Ca n’empêche qu’elle égale certains hommes, il ne faut pas se fier au physique, parce quand il faut y aller, elle y va. » A l’Office Central de Lutte contre la Cybercriminalité à Nanterre, Adeline, 34 ans, est commissaire de police et chapeaute une soixantaine de fonctionnaires. Pour son patron « une femme à la tête d’un service ça ne pose plus de problèmes depuis longtemps. A mon sens, il est fini ce temps où on se posait ce genre de questions. Ca ne fait aucune différence. » 6 heures du matin, Adeline est déjà à son bureau. D’habitude, elle est sur le terrain mais elle n’entre plus dans son gilet pare-balles, elle est enceinte de 5 mois. Les perquisitions du matin ont donné des résultats et le fruit des saisies s’entasse : téléphones, bijoux, matériel informatique, près de 50.000 euros de marchandises qu’il va falloir mettre sous scellé. Aujourd’hui l’agenda d’Adeline est plein, des rendez-vous à la chaîne et quand elle remet les pieds au bureau « ça fait deux heures que je suis absente et j’ai 267 mails » une réunion et entre midi et deux, un rendez-vous important avec Sylvain… pour se Pacser « c’est comme ça toute la journée, côté personnel comme côté professionnel. » Thierry et Nathalie sont ensemble depuis 18 ans. Elle, travaille de nuit, lui policier comme elle, de jour… un choix de vie fait à deux. « On se quitte le lundi matin pour se retrouver le jeudi soir. On ne se voit pas beaucoup c’est pour ça que lorsque l’on est ensemble on en profite » Ensemble, ils ont Manon, 15 ans. Une vie de couple en chassés-croisés qui leur convient parfaitement. Dimanche à Argenteuil et Laure est debout depuis 4 heures du matin. En tant que Capitaine, Laure supervise l’effondrement de deux tours de 14 étages. En moins de 5 heures, il va falloir enlever les voitures, bloquer le périmètre et surtout faire évacuer les 450 personnes qui vivent autour. « Le challenge c’est la coordination de tous les effectifs. La prise de service a été très tôt et se finira très tard mais c’est passionnant dans l’organisation » Faire sortir un par un tous les habitants demande rapidité et diplomatie « on est là pour évacuer les gens, pour les mettre en sécurité, et ils nous traitent comme des chiens. Parfois, notre abnégation est remise en question ». Quelques minutes plus tard, les deux tours s’effondrent. Après une journée de 14 heures Laure rentre chez elle et retrouve Thibault « ma maman oui elle me manque quand même. Je ne lui en veux pas mais elle me manque un petit peu quand même. »
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